Interview croisé A. Van Weydevelt et N. Prouteau

Avec COUGNAUD CAMPUS, les équipes Cougnaud passent en mode collaboratif

Tout en contribuant à définir les contours de la future réglementation thermique RE2020, COUGNAUD CAMPUS engage la réflexion sur le bien-être des salariés et les espaces de travail de demain. L’architecte, Natacha Prouteau, et le responsable de la conduite d’opérations, Alexandre Van Weydevelt, ont fait dialoguer leurs compétences et ont croisé leurs regards pour faire naître ce projet d’immeuble tertiaire de très grande qualité, vitrine du savoir-faire de l’entreprise

Alexandre VAN WEYDEVELT, Ingénieur travaux et conducteur d’opérations chez Cougnaud et  Natacha PROUTEAU, Architecte DPLG chef de projet chez Cougnaud

Sur le projet COUGNAUD CAMPUS, quels ont été vos rôles respectifs?

Alexandre Van Weydevelt : C’est une équipe au global qui a permis l’aboutissement du projet. Au sein de la Direction projet, cette équipe s’articule autour de Sandrine Judas, Assistante technique et administrative et de Stéphane Thué, Conducteur de travaux. Nous avons orchestré le projet afin que les études et recommandations de nos équipes et celles des entreprises extérieures soient harmonisées. Pour répondre aux ambitions de performance pour COUGNAUD CAMPUS, il y a également eu de nombreux échanges avec des organismes extérieurs (bureau de contrôle, acousticien, thermique pour la RE2020, BIM…) En ce sens, le BIM et la maquette connectée ont permis de centraliser les données en vue de faciliter le travail entre toutes les personnes et entreprises qui ont participé au projet.

Natacha Prouteau : Pour COUGNAUD CAMPUS, mon rôle était de conseiller les équipes pendant la durée de l’opération tout en vérifiant que l’architecture du projet, imaginée par Philippe Ménard (PAD Architectes), soit bien respectée. Je me suis également occupée de toute la partie relative à l’architecture et aux aménagements intérieurs.

Quelles sont d’après vous les grandes forces de COUGNAUD CAMPUS ?

Natacha Prouteau : Le bâtiment est agréable et novateur. Agréable, grâce à la réflexion qui a été menée pour lier les espaces servis et les espaces servants. COUGNAUD CAMPUS apporte une véritable fluidité dans les échanges. Novateur, car l’entreprise Cougnaud, dans son ambition de devancer la future réglementation, a réussi à produire une belle synthèse mêlant son savoir-faire et les nouvelles technologies.

Alexandre Van Weydevelt : Selon moi, COUGNAUD CAMPUS est un projet aussi efficace que convivial. Pour les utilisateurs, la lecture des volumes et des espaces intérieurs est très simple. Les espaces ouverts dans la largeur du bâtiment permettent aux regards des collaborateurs de s’échapper vers l’extérieur. Depuis les plateaux de bureaux, cette vue sur l’ensemble des façades vitrées apporte un effet de transparence très appréciable. Les ouvertures sont larges et donnent presque la sensation d’être dehors.

“ COUGNAUD CAMPUS propose une architecture proche des salariés, de leurs attentes et des nouveaux modes de travail. ”

Quelles étaient vos attentes quant à l’anticipation des évolutions de la réglementation thermique ?

Alexandre Van Weydevelt : La recherche de solutions durables est un prérequis pour nos projets. Ainsi, de la part de la Direction du groupe Cougnaud, il y eu, dès la genèse du projet, la volonté de participer à la définition de la future RE2020, voire de la devancer. Sélectionné par l’ADEME*, le projet a contribué à l’approfondissement de l’expérimentation « Énergie Positive et Réduction Carbone ». En prenant pour tremplin la RT2012, avec laquelle nous sommes déjà très familiarisés, nous avons visé de plus grands niveaux de performances. Qu’ils soient intégrés dans les équipes de Cougnaud ou partenaires de l’opération, les différents corps d’Etat ont travaillé dans cette ambition. En tant que conducteur de l’opération, je dirais que cette dynamique d’anticipation de la future réglementation a été très stimulante.

COUGNAUD CAMPUS va-t-il faire émerger de nouvelles formes de travail ?

Natacha Prouteau : Par rapport aux habitudes de travail de nos équipes, les espaces de COUGNAUD CAMPUS sont effectivement novateurs. Tout est prévu pour favoriser les échanges et stimuler le travail collaboratif. Nous avons par exemple multiplié les espaces et proposé à nos collaborateurs de s’ouvrir à d’autres manières de travailler en les incitant au nomadisme. Au sein de COUGNAUD CAMPUS, chacun peut travailler depuis son poste mais a aussi la possibilité de se connecter à d’autres endroits dans le bâtiment. Dans la salle de briefing, assis devant un bureau, debout sur une table haute, depuis un canapé… On propose une autre façon de travailler.

Température et luminosité ambiante : COUGNAUD CAMPUS, bâtiment connecté, adapte la consommation énergétique aux justes besoins de ses utilisateurs.

Avez-vous eu l’impression de « bousculer » les habitudes de travail des équipes Cougnaud ?

Alexandre Van Weydevelt : Dans l’entreprise, le travail collaboratif n’est pas une nouveauté. Et cet esprit est encore renforcé avec le processus BIM qui permet à tous les collaborateurs de dialoguer à partir de la maquette 3D du bâtiment.

Natacha Prouteau : En amont du projet, nous avons mené une minutieuse enquête pour comprendre les envies et besoins de nos équipes et avons, pour cette mission, sollicité l’expertise d’une architecte d’intérieur. Mon travail d’architecte a ensuite consisté à interpréter ces résultats pour concevoir une architecture d’intérieur proche des gens et de leurs attentes.

L’open-space respecte le confort et le travail des collaborateurs grâce à un soin minutieux porté sur la luminosité et les performances acoustiques.

Au fur et à mesure du développement de l’entreprise Cougnaud, le bâtiment va-t-il évoluer ?

Natacha Prouteau : La solution constructive hors-site nous permet de concevoir des bâtiments qui sont facilement évolutifs. Et COUGNAUD CAMPUS, qui va vivre au rythme de l’entreprise, n’échappe pas à la règle. Un travail sur les cloisons, rendu possible par la construction industrialisée, va nous permettre de modifier les espaces sans pour autant dénaturer le bâtiment. Nous allons facilement pouvoir transformer les open-spaces en fonction de l’évolution des besoins.

Peut-on donc dire que la construction industrialisée simplifie le travail de l’architecte ?

Natacha Prouteau : En amont de toute opération qui utilise le mode de construction hors-site, l’architecte doit avoir une idée précise de ce que sera le projet une fois livré. Cette précision a pour conséquence que pendant la phase de construction, nul n’ait besoin de revenir sur des points qui n’auraient pas été anticipés ou solutionnés avant le démarrage du chantier. Or, en construction conventionnelle, des modifications surgissent souvent pendant la phase construction et elles sont potentiellement coûteuses. Ainsi, je dirais que oui, la construction industrialisée simplifie le travail de l’architecte dans la mesure où les écarts entre le projet d’origine et le projet livré sont marginaux.

“ Le bâtiment est une invitation à la rencontre et au travail collaboratif. ”

Quels sont les matériaux que vous avez choisis pour le projet COUGNAUD CAMPUS ?

Alexandre Van Weydevelt : Il s’agit d’un laboratoire du savoir faire de l’entreprise Cougnaud, la Direction a eu la volonté de proposer un bâtiment fusionnant une grande diversité de matériaux et de technologies. COUGNAUD CAMPUS combine ainsi structure en acier, plancher en dalle béton, façades à ossature bois et une toiture en membrane EPDM.

Certains espaces du bâtiment vous ont-ils conduit à améliorer votre procédé constructif ?

Natacha Prouteau : Avec sa hauteur de 4 mètres sous plafond, la salle de conférence représentait un défi. En effet, nos usines ne peuvent pas produire un tel volume en 3D. Pour autant, la contrainte a été surmontée et les murs de la salle de conférence ont bien été produits dans l’usine d’une filiale « Bois » du groupe Cougnaud : Guillet Production. Les façades sont arrivées en 2D pour être ensuite assemblées directement sur le site. Ce challenge, imposé par les volumes de la salle de conférence, prouve par là que le processus de construction industrialisée n’est pas une contrainte limitante.

Combien de temps a duré le chantier ?

Alexandre Van Weydevelt : 8 mois et il convient de préciser que la construction n’a pas empêché de répondre aux calendriers de commandes des clients.

“ COUGNAUD CAMPUS accomplit la synthèse entre les nouvelles technologies et le savoir-faire de l’entreprise Cougnaud. ”

Quel dialogue le bâtiment noue-t-il avec son environnement extérieur ?

Natacha Prouteau : À proximité d’un axe de circulation majeur, COUGNAUD CAMPUS se remarque rapidement. Il impressionne le regard dans le sens où il apparaît cubique de loin mais évolue au fur et à mesure que l’on s’en approche. La résille qui habille la façade ondule sur toute la longueur du bâtiment pour venir en casser les lignes. Cet effet est soutenu par le bardage caméléon dont la couleur oscille entre le rouge, l’orange et le vert, en fonction de la luminosité.

Alexandre Van Weydevelt : En effet, la volumétrie est simple mais, lorsque l’on s’y intéresse de plus près, on observe que l’intérieur a noué un dialogue avec l’extérieur. Les ouvertures, les boîtes et les creux jouent avec la résille en forme de vague. COUGNAUD CAMPUS est la vitrine de l’entreprise pour la prochaine décennie.

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