Le numérique, l’avenir du batiment – Entretien F. Guerin

Confort optimal et performance environnementale : le bâtiment connecté trouve le juste équilibre

Comment faire pour concilier économies d’énergie et confort utilisateur ? Le bâtiment connecté réussit la synthèse ! Frédéric Guérin, référent bâtiment connecté sur le projet COUGNAUD CAMPUS explique pourquoi et comment le numérique devient l’avenir du bâtiment.

Frédéric GUERIN, Référent bâtiment connecté chez Cougnaud

Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est un bâtiment connecté ?

Pour synthétiser, le bâtiment connecté est une infrastructure qui est supervisée, intelligente et communicante avec son environnement intérieur et extérieur. Il peut ainsi atteindre de meilleures performances environnementales et apporter un plus grand confort à ses utilisateurs.

“ Le bâtiment connecté réalise un travail d’orfèvre pour un confort maximal et une consommation minimale. ”

Smart building, smart home, ou smart grid ? À quoi correspondent ces subtilités de langage ?

Le smart building est la traduction anglophone du bâtiment connecté. Le smart home correspond à la domotique, il s’adresse davantage à l’habitat. Enfin, la notion de smart grid renvoie à un réseau de bâtiments qui sont connectés entre eux. Par exemple, un bâtiment en “ smart grid ” peut envoyer à un autre du réseau l’électricité qu’il produit via ses panneaux photovoltaïques. Pour l’heure, COUGNAUD CAMPUS n’intègre pas de tels réseaux.

Dans le cadre réglementaire de la future RE2020, le bâtiment connecté va-t-il être rendu obligatoire ?

Je pense que l’une des prochaines exigences gouvernementales sera d’introduire le numérique dans le bâtiment tertiaire. Pour autant, le bâtiment connecté ne bénéficie pas encore de cadre réglementaire. Des chartes existent. Elles nous permettent de communiquer ensemble à partir d’un même langage.

Pour Cougnaud, était-il important que COUGNAUD CAMPUS soit un bâtiment connecté ?

Oui et la Direction de l’entreprise a oeuvré dans ce sens. Depuis la genèse du projet, la volonté était de produire un bâtiment novateur mais aussi très confortable pour les équipes de travail de l’entreprise. Grâce au recul que permet COUGNAUD CAMPUS, nous sommes aujourd’hui en mesure d’élargir notre offre et de proposer à nos clients des bâtiments connectés.

Pouvez-vous décrire le confort qu’apporte le bâtiment connecté à ses utilisateurs ?

Les apports de confort sont multiples. En premier lieu, le bâtiment connecté permet d’avoir un environnement de travail qui s’adapte à la lumière. Dans COUGNAUD CAMPUS, les luminaires vont gérer leur intensité tout seuls selon la présence des collaborateurs dans les espaces et/ou selon l’apport de lumière naturelle. Les brise-soleil évolueront de la même manière pour permettre de réguler au mieux la luminosité et la température au sein des espaces de travail, des open-spaces ou de la salle de conférence. En outre, le bâtiment connecté permet d’apporter un certain nombres d’infos, utiles pour ses utilisateurs.

“ Les luminaires évoluent selon la présence des utilisateurs et/ou la lumière naturelle.”

Les utilisateurs de COUGNAUD CAMPUS peuvent-ils piloter eux-mêmes le bâtiment connecté ?

Oui et ceux qui y sont habilités peuvent même le faire à distance sur le site. Nous avons disposé des tablettes ou télécommandes au sein des bureaux pour moduler la température, ajuster la lumière, agir sur la ventilation ou piloter les brise-soleil. Toutefois, nous avons, en partenariat avec la Direction, instauré des limites. Je pense notamment à la température car le bâtiment régule lui-même le niveau de chaleur nécessaire. Dans une logique d’éco-responsabilité, les utilisateurs ont la possibilité de monter ou de descendre la température de 1 degré maximum. C’est ce que nous estimons juste pour avoir la consommation la plus confortable et la moins énergivore possible. Bien sûr, il va de soi, qu’en amont, nous avons travaillé avec les futurs utilisateurs afin de comprendre et de respecter leurs besoins.

Qu’en est-il du point de vue de la sécurité ?

Le bâtiment connecté s’accompagne d’un système de protection très puissant. On ne peut rentrer dans le système informatique de l’entreprise sans les autorisations et habilitations nécessaires.

Travailler dans un bâtiment connecté. Cela surprend-il un peu au début ?

Bien sûr car nous sommes habitués à nos vieux réflexes. Désormais, je n’ai plus besoin d’éteindre la lumière ou de monter le chauffage. Cela s’apprend ! Nous avons d’ailleurs remis des livrets d’informations aux utilisateurs et avons proposé des formations à certains collaborateurs, chargés par la suite de faire circuler les bonnes pratiques.

De quelle marge de manoeuvre dispose COUGNAUD CAMPUS pour s’adapter aux évolutions de consommation de ses utilisateurs ?

Nous effectuons le suivi via le retour des utilisateurs. Ils font remonter les informations. En parallèle, les données techniques parviennent, poste par poste, au superviseur. À mon sens, l’analyse de ces données est le grand enjeu du bâtiment connecté, la data est le quatrième fluide du bâtiment. En effet, nous récupérons beaucoup d’informations qu’il faut pouvoir centraliser puis analyser pour permettre d’optimiser les performances énergétiques comme le confort des utilisateurs. Néanmoins, il est possible de repérer rapidement les dysfonctionnements pour rééquilibrer le bâtiment.

Croyez-vous que le bâtiment connecté ait un rôle à jouer dans la transition énergétique ?

Produire des bâtiments le moins énergivore possible est une démarche qui était déjà obligatoire avec la RT2012 et que vient renforcer la RE2020. Je suis donc persuadé que, dans nos efforts vers la transition énergétique, le bâtiment va intégrer ce que l’on appelle le champ numérique. L’outil digital permet de réduire la consommation d’énergie. En ce sens, COUGNAUD CAMPUS est un bâtiment précurseur.

Luminosité, température, brise-soleil : COUGNAUD CAMPUS se pilote depuis des tablettes numériques, à la disposition des collaborateurs.
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